Les gens ordinaires de Syra se sont beaucoup amusés avec la coutume des Zeibekia…
D’après l’autobiographie de Markos Vamvakaris,un des compositeurs les plus importants
de la musique rebetiko qui né à Syros, nous apprenons ce qui suit :
“ J’étais le seul de ma famille à danser les Zeibekia, je ne sais pas si ça se fait
maintenant à Syra, mais c’est de là qu’ils viennent. Tous participaient à leurs quartiers
conduits par leurs capitaines, tout étaiant en ordre.
Nous devions montrer du respect au capitaine, obéir à ce qu’il disait et apprendre la
danse. C’est lui qui nous enseignait à dancer. On dansait et le monde entier était fier de
nous. Que voulez-vous voir, des mascarades ou ce truc dont je vous parle? Tout en soie.
De choses vraiment belles. Quelles fourrures courtes, quelles touzloukia (bottes
decorees), quels souliers, quels fleurs,fleurs! Je ne sais pas comment Zeibekia ont
commencé. Ils ont commencé à Syra… Mais où, à Apano Chora ( La haute ville c.a.d Ano
Syros), à Kato (La ville en bas c.a.d Hermoupolis), je ne sais pas. »


Zeibekia était un évènement qui, dès l’origine de son nom, nous renvoie à l’Asie
Mineure et plus précisément à Kydonies, aujourd’hui Aivali puisque c’est ainsi que
s’appelait le Corps de Garde de Campagne qui était armé en permanence jour et nuit.

Si l’on tient compte du fait que bon nombre des nouveaux résidents arrivés à Syra par
ce lieu à cette époque là et lesquels, dans les premières années, vivaient initialement à la
périphérie de la ville qui a été déjà formée jusqu’a ce point et plus tard dans les zones
voisines (Vrontados, Kaminia, Neapoli, Xirokambos), alors on peut dire qu’effectivement,
cette coutume a commencé d’ Ano Syra et des quartiers proches. Étant donné que les
participants étaient tous des Grecs venus de ces régions d’Asie Mineure, alors on peut
imaginer qu’ils ont apporté avec eux de memoirs des lieux qu’ils avaient quittés, en les
reproduisant comme une performance de Carnaval..

Au cours de cette action, une ancienne danse de guerre dansée par des couples
d’hommes est relancée dont le sujet est l’enlèvement de la mariée, épouse du premier
capitaine. Ils avaient un étui armé accroché à leur côté et pendant la danse, ils attrapaient
le couteau court et faisaient des mouvements spectaculaires dans les airs ou dessinaient
des figures impressionnantes, dans une tentative de se poignarder. Ils faisaient des pas
en avant, des pas en arrière en défense et ils tourbillonnaient. Ceux qui regardaient la
danse applaudirent avec enthousiasme. L’uniforme des danseuses était dit une fustanelle
( une sorte de jupe ), et il y a d’autres aussi qui parlent de culottes de couleur, avec une
chemise blanche et un corsage de soie plein de sequins, qui rentrait devant la poitrine, un
gilet aux manches retroussées. Certains disent qu’ils portaient un bonnet rouge avec des
paillettes sur la tête, qu’ils avaient des jambières avec de petites clochettes aux pieds et
une ceinture colorée autour de la taille, tandis qu’autour du cou ils portaient un foulard en
soie et divers d’autres foulards colorés attachés à leur ceinture, à leur poitrine et à leurs
poignées de leurs armes et couteaux.

D’après les informations recueillies par M. Solaris Nikos, un professeur de danse bien-
aimé par tout Syra et tout à la fois un ambassadeur indiscutable de son héritage populaire,
on apprend ce qui suit :
« La danse ci-dessus a été dansée au Carnival par un groupe de 20 à 40 personnes. Il y
avait le premier capitaine, le deuxième capitaine et le troisième capitaine qui s’appelait
Mustafa. Il y avait aussi l’archichanumissa (un homme habillé en mariée), un ou deux
Αrapis (Arabe) ,au visage noirci un chasseur qui était la garde du capitaine et le Zeimbeki.
Le meilleur danseur était désigné comme Premier Capitaine, chargé d’enseigner les
danses à tous ceux qui composaient l’équipe. Avant cet événement, des mascarades en
petits groupes faisaient le tour d’Apano Chora en répandant des rires. Dès le dimanche
matin, les Zeibekia commençaient à affluer dans les rues étroites d’Ano Syra avec des
chants et des danses. Avant le commencement de l’evenement le premier Capitaine
donnait un ordre :

« Je vous ordonne de faire attention quand nous irons à la Piatsa ( la rue centrale ), de
danser bien et quand la danse commencera, faites attention à vos armes de peur qu’il y ait
un bagarre . »
Après, le Sous – Capitaine ajouta :
 » Ordre du Capitaine ! Faites attention pour que votre kirvani ( pochette de monnaie) ne
soit pas volé et toutes nos monnaies d’ or perdues « .
Et tous les Zeibekian répondaient : « On ne donne pas nos armes , on verse notre sang.»
Les Zeibekia dansaient dans un cercle qui avait été gravé par l’ Arapis avec son épée. Ils
dansaient Hassapiko, Hasaposerviko et Zeibekiko ( Greek dances). À un certain moment
de la danse, Arapis trouve l’occasion d’embrasser la mariée et de la kidnapper. L’ action
est remarquée par le Capitaine et il envoie le chasseur pour les attraper. Le Capitaine
finalement condamne à mort par peloton d’exécution l’Arabe pour ce qu’il a fait.
D’autres groupes descendaient du haut de la Colline jusqu’au centre de la ville
(Hermoupolis) et la fête se poursuivait là dans une ambiance joyeuse.
Les Zeibekias étaient accompagnés d’instruments de kindeli (bouzouki à 2 cordes),
tambourin (tubercule d’argile avec peau de chien) et tambourin. Dans les danses qui
suivaient à Piazza ou à Danelaki, le point central d’Apano Chora, de nombreux couples de
danseurs dansaient ensamble ou un seule à la fois. Et la danse se déroulait dans une
ambiance endiablée.


Une très vieille chanson du Carnaval qui est encore chantée et qui accompagne toutes
les festivités de l’île est :
Danse Danse
ne soyez pas désolés de vos chaussures
elles se reposent
pendant vous dormez

Encore une petite chanson du Carnaval qui suit est poignante et enjouée :
Ta mère m’a envoyé
qu’elle ne veut pas de moi comme ton épouse
donc, que son fils soit une pommade à l’ail

pour étaler à son pain.
Si je ne dis pas ça du fond de mon coeur,
que le jour ne me trouve
Tes yeux louches
met les dans un panier
et accrochez-les là
afin que le chat ne les mange
La fête continuait jusqu’au matin et après tous ensemble se rencotraient à Lazareta (
une region en dehors de la ville ) où ils rencontrèrent avec d’ autres masquarades venus
d’ Hermoupolis qui s’y rendaient pour fêter la Kouluma ( le Lundi Gras) .

je voudrais bien remercier Mr Solaris George qui m’ a donné son autorisation d’ utiliser du matériel photographique par la galerie de photos de Cyclades24.gr, chaîne numérique journalistique de Syra.